Le
6 mars 1956, vingt mille personnes assistent
au Palais de Chaillot à la présentation de la nouvelle Renault,
la Dauphine. Evolution de la 4 CV, elle adopte la même architecture,
moteur quatre cylindres à l'arrière, dans une carrosserie plus
spacieuse que sa devancière. Renault est très fière de
sa dernière production appelée à devenir LE cheval de
bataille de la marque.
Pour
la carrosserie, le catalogue commercial de l'époque précise
" la coque a été conçue comme un mobile cohérent
, satisfaisant pour l'esprit comme pour l'oeil, dont la perfection aérodynamique
la rend pratiquement insensible au vent latéral. " !!! ... La
Dauphine est équipée d'un moteur de 845 cm3 qui développe
alors 27 ch à 4 500 t/mn, d'une boîte 3 vitesses, de freins hydrauliques
à tambours sur les quatre roues et d'une suspension à quatre
roues indépendantes. Le tout accuse sur la balance un poids plume de
620 kg, permettant un 115 km/h.
A sa commercialisation, la Dauphine
connaît un immense succès commercial et, dès 1957, elle
représente les deux tiers des 270 000 voitures construites par Renault.
Dès sa naissance aussi, la Dauphine montra une bonne aptitude à
la compétition. Dès avril 1956, quatre Dauphine remportent les
quatre premières places de leur catégorie aux Mille Miles. Au
palmarès de la petite Renault, on trouve le Liège-Rome-Liège,
le Tour de France Automobile, le rallye de Monte-Carlo ou le Tour de Corse
(4 fois).
Pour
renforcer cette image sportive Renault obtient la collaboration d'Amédée
Gordini et présente, au Salon 1957, la Dauphine Gordini, elle gardait
le moteur 845 cm3 qui, avec une culasse redessinée aux soupapes inclinées,
crachait 37 ch. Avec sa boite 4, elle atteignait 125 km/h et elle coûtait
674 000F contre 554 000F pour la Dauphine normale. Puis en 1961, vint la 1093,
évolution poussée de la Gordini à 55 ch lui permettant
de dépasser les 143 km/h. Avec cette arme, de nombreux amateurs prirent
le relais de l'usine (Cf. Rubrique "Proto") et la Dauphine
continua à remporter un nombre incalculable de courses plus ou moins
importantes. Une version luxueuse vit aussi le jour et prit le nom d'ONDINE
et disposait d'une boite à 4 vitesses (disponible aussi avec le moteur
Gordini de 40 ch). Elle fut construite également à l'étranger,
en Belgique notamment, mais aussi en Italie sous la marque Alfa-Roméo.
La dernière évolution concernera les freins, désormais à 4 disques dès la fin 1963. La Dauphine restera au catalogue Renault jusqu'en décembre 1967 en France mais fut encore produite en Argentine, en Espagne, au Brésil quelques années de plus, et dépassa les 2 000 000 d'exemplaires.